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Escale 1 : “Qu’avez-vous dans votre sac à dos ?”

Escale 1 : “Qu’avez-vous dans votre sac à dos ?”

Les préjugés, c’est physiologique, c’est comme cela que notre cerveau fonctionne. Tout le monde en a.

Quand je me prépare au voyage, quand je vais rencontrer l’inconnu, mon réflexe est donc de me faire une idée pré-conçue de ce que je vais rencontrer. Prendre conscience de ces préjugés, sans culpabilité ni fierté, est une première étape pour mieux rencontrer l’autre.

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Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez un étranger ou que vous allez dans un nouveau pays? »

Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez une personne de culture différente ou que vous allez dans un nouveau pays? » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Carla (Le Monde selon les Femmes), Sandra (Caritas), Mathilde (Quinoa), Josiane (Coopération Technique Belge).

 

Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez une personne de culture différente ou que vous allez dans un nouveau pays? » Avec les témoignages de : Anne-Marie (FLORA), Sonia (FLORA), Ariane (Mission Locale), Valérie (Jobcoach), Mohamed, (CBAI).

 

Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent: « Quelles sont vos premières images/perceptions à la rentrée scolaire, quand vous démarrez avec une nouvelle classe? » Avec les témoignages de : Isabelle (Institutrice primaire), Virginie (Institutrice primaire), Julie (Institutrice primaire), Sophia (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire), Jacques (Instituteur primaire).

 

Des coaches territoriaux du Maroc témoignent sur leur perception de l’Europe : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez un européen ou que vous allez en Europe? » Avec les témoignages de : Idriss (Responsable communication), Aman (Coach territorial), Nordinne (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

 

Et vous? Comment ça se passe dans votre travail, au sein de votre ONG, quand vous démarrez une collaboration avec vos partenaires du Sud? Partagez vous aussi sur notre page Facebook vos ressentis d’avant voyage, d’avant rencontres. On a tous une histoire à raconter 😉

Quatre grands groupes de mécanismes interviennent, interagissent avec les préjugés et les renforcent. Les découvrir, c’est comprendre comment des mécanismes humains, ultrarapides, destinés à notre survie et à l’interaction avec notre environnement se nourrissent des représentations véhiculées dans la société ou dans les groupes auxquels nous appartenons.

Dans mon sac à dos : y a quoi ? Et pourquoi ça va s’exprimer ?

Partir en voyage. Tout un art. Vers l’Egypte, Paris, New York, Moscou, Tahiti… Instantanément une série d’images nous viennent à l’esprit. Des images de lieux, de villes, de paysages : les pyramides, la Tour Eiffel, le MOMA, la Place Rouge, les plages de sable blanc, les cocotiers, les paysages somptueux…

 

Une absence toutefois : la population ! Que se passe-t-il dans nos têtes lorsqu’on évoque les Égyptiens, les New-Yorkais, les Congolais, les Flamands, les Wallons, les Maghrébins ? Les images surgissent dans nos têtes : immédiates, tordues, simplifiées, généralisantes, incomplètes. Et ces idées préconçues qu’est-ce que j’en fais ? Comment influencent-elles mon voyage ? Vais-je m’enfermer dans un hôtel-club et profiter de la piscine, des plages et des parasols ? Visiter les lieux les uns après les autres ? Privilégier le Bed and Breakfast ?

Comment cela se passe-t-il dans mon travail d’ONG, dans mon association, à l’école ? Si ces Africains ont besoin de mon aide, n’est-ce pas parce que nous serions plus évolués ? Si je juge que ces personnes seraient des « arriérés » à cause leur manière de traiter les femmes ? Et cet enfant, suis-je insensible à sa culture, au look bizarre de ces parents ? Qu’est-ce que ces préjugés vont amener dans ma relation ?

Ce qui est dans mon sac à dos – j’ai envie de les rencontrer, ils sont dangereux, ils n’y arrivent jamais… – s’active grâce à quatre grands groupes de mécanismes qui interviennent, interagissent avec les préjugés et les renforcent. Les découvrir, c’est comprendre comment des mécanismes humains, ultrarapides, destinés à notre survie et à l’interaction avec notre environnement se nourrissent des représentations véhiculées dans la société ou dans les groupes auxquels nous appartenons.

Pour faire bref (puisque nous vous renvoyons vers des articles plus détaillés), la catégorisation sociale nous fait mettre les gens dans des boîtes. Pour certaines l’étiquette nous plaît, pour d’autres, l’étiquette nous plait moins. La catégorisation est extrêmement rapide, de 100 millisecondes à quelques secondes pour se faire une idée. La généralisation consiste simplement à attribuer à tout un groupe, les caractéristiques de quelques-uns. Deux personnes d’une communauté commettent un attentat et les voilà tous terroristes. L’omission est plus subtile, elle ne nous permet de retenir que ce qui confirme le préjugé. Le reste n’a que peu de chance de rester en mémoire. Enfin, les mécanismes de distorsion – qui se comptent en dizaines –, nous font voir la réalité telle que nous voudrions qu’elle soit, rarement comme elle est vraiment. Une voix, un accent et tout un portrait se dessine dans nos têtes. On peut l’aimer. Ou pas.

Ces mécanismes se nourrissent de ce qui est dans notre tête, de ce qui nous a été communiqué par nos médias, nos parents, l’école. C’est ce que nous avons appris, ce qui nous a été inculqué qui deviendra notre normalité. Mais… Ce qui est normal pour moi peut ne pas l’être pour l’autre. Et voilà une bonne source de conflit et de préjugés. C’est donc du choc culturel dont nous parlerons dans notre deuxième escale.

 

1/ Le mécanisme de catégorisation sociale

Des personnes visibles en pied et en gros plans. Des personnes en rue auxquelles on demande leur avis. Gênes, avis, rires, étonnement, respect. Une vidéo de l’association Emmaüs ou comment nous plaçons tout ce que nous rencontrons dans des boîtes appelées catégories.

Vous voulez en savoir plus ?

 

2/ Le mécanisme de distorsion cognitive

Six individus échangent des propos. Ils sont dans le noir. Ils ne peuvent donc compter que sur la voix de la personne qui parle et ce qu’elle dit pour se faire une idée d’elle. Lorsque la lumière se fait : surprise ! D’accord, c’est une pub. Mais une bonne pub.

Vous voulez en savoir plus ?

  • Lire l’article « Le monde tel qu’il n’est pas : la distorsion! » Comment une série de mécanismes nous amène à regarder le monde comme nous voudrions qu’il soit et non comme il est. Lien : http://issuu.com/thierryf/docs/ngo17_fr/25

 

3/ Le mécanisme d’omission ou la sélection de l’information

Deux groupes se passent un ballon. Il suffit de compter le nombre de passe. Une expérience de Daniel Simons et de Christopher Chabris illustrant le mécanisme de focalisation… Dans le cas du préjugé, le principe de la focalisation consiste à rechercher tout ce qui permettra de le confirmer. Ce qui résulte d’un des biais cognitifs les plus connus : la confirmation d’hypothèses, laquelle consiste à préférer les éléments qui confortent une hypothèse plutôt que ceux qui la réfutent.

Vous voulez en savoir plus ?

 

4/ Le mécanisme de généralisation et de la simplification.

Découvrez ces deux vidéos emplies d’autodérision de l’Office du tourisme suisse. Elles jouent sur l’image simplifiée et généralisée des Suisses.

Vous voulez en savoir plus ?

Nous vous invitons à participer à l’activité suivante:

Pièce de théâtre “Contrôle d’identités”

Quand: Le dimanche 22/11 à 20h
Où : Pianofabriek, Rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles

Nous sommes au grand regret de vous informer que la représentation théâtrale “Contrôle d’identités” de ce soir 22 novembre 2015 a été annulée! Le bâtiment du Pianofabriek est fermé jusqu’à demain en raison des mesures de sécurité en vigueur à Bruxelles.

 

Je suis né en Belgique, je suis donc Belge. Mes parents sont nés au Maroc et je suis donc Marocain. J’ai vécu au Mexique pendant presqu’un an, du coup je suis Mexicain. En 98, j’ai été Brésilien pendant la coupe du monde, même si à la mi-temps de la finale je suis devenu Français. À 3-0, j’étais même fier de l’être. Le mur de Berlin est tombé, j’avais 1 an et j’étais Allemand. Par contre pendant la seconde guerre mondiale je n’étais pas Allemand. Puis un jour, on m’a dit que j’avais tort.

Six jeunes artistes ont rendez-vous sur une scène pour jouer d’eux-mêmes et de leurs propres clichés. Une envie : fissurer les certitudes des discours identitaires. Ilyas Mettioui, jeune metteur en scène et acteur, s’est entouré de ses amis pour remplacer le sol bétonné de nos croyances par un terrain rebondissant de doutes. Par un mélange de dérision et de regards aiguisés sur notre réalité, il met en avant le ridicule de nos contradictions.

Une création collective du BOREAL en coproduction avec l’espace Magh
Mise en scène: Ilyas Mettioui
Avec Bruno Borsu, Pauline Georger, Martin Goossens, Zoé Janssens, Ilyas Mettioui, Alex Moyroud, Taïla Onraedt

Page Facebook Trailer de la pièce