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En lumière. No shortcut to development
En lumière

No shortcut to development

Patrick Develtere, professeur de coopération au développement à la KULeuven et Président de Beweging.be, réfléchit depuis des années sur le sens des partenariats Nord-Sud. Il est un fervent défenseur du renforcement des capacités organisationnelles et institutionnelles du partenaire. Par là, il n’entend pas – à la différence de ce que le terme laisse supposer – les questions d’organisation interne. La capacité institutionnelle concerne la façon dont sont gérés les rapports avec les autres acteurs de la société, qui fait que les relations deviennent harmonieuses ou conflictuelles.

Patrick Develtere présente la banque Grameen, une institution de micro-financement respectée, comme un exemple à suivre. Au Bangladesh, la culture du Purdah interdit aux femmes de se montrer dans l’espace public. Cette culture est entretenue par la hiérarchie musulmane locale, marquant ainsi les inégalités entre hommes et femmes.

La banque Grameen a toutefois mobilisé toutes ses forces, s’appuyant sur ses lobbys et ses réseaux, et a ainsi acquis suffisamment de capacité institutionnelle pour obtenir que les femmes puissent désormais se rassembler une fois par semaine.

La coopération au développement est un travail de longue haleine qui exige une structuration systématique. There is no shortcut to development. Sans la connaissance de la société locale et sans la confiance de la population sur place, la banque Grameen n’aurait jamais pu remporter ce qu’elle a fini par obtenir. Le facteur le plus important demeure toujours le temps : du temps pour investir dans les relations, du temps pour atteindre des objectifs intermédiaires et pour pouvoir respecter le rythme sur place. Nous devons veiller à ne pas réduire notre relation avec nos partenaires du Sud à une relation de correspondance à distance, affirme Patrick Develtere.

 

SYLVIE WALRAEVENS

 

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