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Voir au-delà des croyances limitantes

On veut du changement ! Bon nombre d’ONG et d’associations en tout genre concentrent leurs efforts pour appor­ter des changements positifs. Mais qui dit changements dit résistances. On a beau discuter, écouter, analyser, sen­sibiliser ; il y a toujours un moment où ça coince. La faute à qui ? Dans cer­tains cas, à nos croyances…

Le changement, c’est maintenant. Ou peut-être demain. En tout cas on y travaille… Mais que cela peut être compliqué ! D’autant qu’on ne perçoit pas toujours ce qui cloche. L’équipe de l’Université de Paix a mis le doigt sur une des causes de ces blocages dans le processus de change­ment : les croyances limitantes. Alexandre Castanheira, formateur en gestion positive des conflits, définit pour nous le concept. « Une croyance est une sorte de vérité que je me donne et qui oriente mes actions et mon regard sur la réalité. C’est un filtre que l’on pose sur notre environnement et qui conditionne nos comportements et nos capacités. Ces croyances peuvent être limitantes car elles amènent un jugement. Elles nous freinent devant la nouveauté, même si on est séduit par les change­ments visés. »

Un mécanisme naturel

La formation de croyances est un proces­sus inné. Au cours de notre enfance et de l’adolescence, nous construisons petit à petit notre réalité. « Au fur et à mesure de l’expérience de vie, notre cognition géné­ralise et catégorise en permanence les événements pour pouvoir gérer la masse d’informations qui nous submerge. Cela nous permet de vivre, de nous protéger, de nous adapter. On crée en quelque sorte des règles d’interprétation du monde qui nous entoure. » Ces règles se fixent dans notre mode de pensée et tendent ensuite à se renforcer. « On veut toujours donner du sens aux choses. Mais nous sommes très sélectifs ; on cherche dans la réalité tous les éléments qui viennent confirmer nos croyances. Elles s’ancrent dès lors de plus en plus profondément. Le problème est que nous évoluons et que le contexte se modifie. À un moment, certaines croyances ne sont donc plus adaptées. »

D’autre part, en fonction de la situation, la même croyance peut s’avérer soit utile soit limitante. « Prenons par exemple quelqu’un qui se méfie du monde exté­rieur. Dans certains cas, cela peut lui sauver la vie, dans d’autres cela inhibe l’action. Chaque croyance peut à un mo­ment donné avoir une portée bénéfique. Tout comme elle peut être paralysante. »

Changer de regard

Outil. Voir au-delà des croyances limitantes 2Prendre conscience de ses croyances li­mitantes est la première étape vers leur assouplissement. Il s’ensuit un travail de longue haleine pour créer un nouvel espace de liberté et de possibles. « À l’Université de Paix, nous travaillons principalement sur les changements qui favorisent la ges­tion de conflits. Le premier changement de regard auquel on essaye d’arriver concerne la notion même de conflit. À peu de chose près, 95% des gens en ont une vision négative. De notre point de vue, un désaccord ou une opposition est neutre. C’est la manière de les gérer qui aura des conséquences agréables ou désa­gréables. Quand on creuse un peu, on se rend compte qu’on gère quotidiennement toute une série de conflits. Par exemple, rentrer dans le train aux heures de pointe ou s’organiser pour préparer le souper et mettre les enfants au lit. En prenant le temps d’analyser le concept de conflit, on découvre à la fois qu’on possède déjà beaucoup de ressources pour les gérer mais qu’aussi on augmente notre compré­hension. Cela met en évidence le caractère limitant de certaines croyances. »

 Chacun ses croyances

Prendre en considération les croyances li­mitantes dans sa relation à l’autre favorise grandement la collaboration. « Lorsque deux personnes ont des croyances oppo­sées, il est essentiel qu’elles partagent leur perception de la réalité. Cela néces­site une grande capacité d’écoute et une bonne dose de flexibilité. Le but n’est pas de convaincre l’autre qu’il doit agir dif­féremment. Il faut trouver un terrain d’entente où chacun à de la place pour ses croyances et leur remise en question. Au final, la dynamique d’équipe, la relation entre collègues ou entre partenaires en sortent grandies. »

RENAUD DEWORST

Comment ça marche?

Identifier les croyances

Par une série d’exercices sensoriels, vi­suels, oraux, les participants prennent conscience de l’existence de croyances. Après cette prise de conscience, ils identi­fient leurs croyances principales.

Comprendre les mécanismes

Il est important de bien cerner l’impact que les croyances ont sur notre manière de penser et de faire les choses. Connaître les mécanismes de création et de renforce­ment des croyances constitue la deuxième étape.

Voir le caractère limitant

Par une série d’exercices et de partage d’expérience, la caractère limitant des croyances est mis en évidence. Chaque personne identifie ensuite ses propres croyances limitantes.

Assouplir les croyances limitantes

Il est possible de faire évoluer ses croyances, voire d’en créer de nouvelles. En prenant du recul par rapport à son iden­tité, à son environnement, en adaptant ses comportements, en renforçant certaines capacités, les croyances deviennent plus flexibles. Cela nécessite une attention sou­tenue, des actions quotidiennes et un plan sur le long terme.

Passer à l’action

Parallèlement au travail cérébral, des ac­tions concrètes génèrent de nouvelles ex­périences qui font évoluer nos croyances.

Les forces

  • L’identification des croyances profondes permet de mettre en avant notre cohérence interne, la manière dont chacun donne du sens aux choses d’un point de vue personnel.
  • Prendre le temps d’analyser l’instant présent (son environnement, sa personnalité, etc.) apporte un sentiment de liberté et d’ouverture. On prend conscience des phénomènes de pensée et de la distinction entre la réalité et ce que j’en perçois.
  • La pensée devient plus flexible. Le cerveau est entrainé à penser autrement, à ne plus utiliser les autoroutes mais à se frayer son propre chemin. La capacité d’adaptation est renforcée.
  • La compréhension des mécanismes de la croyance permet de les faire évoluer et par conséquent de nous améliorer.

Les limites

  • Le travail est basé en grande partie sur l’introspection. Cela prend donc du temps et coûte beaucoup d’énergie, aussi bien physiquement que mentalement.
  • Il est presque impossible de réaliser le travail seul. L’enrichissement mutuel, le reflet de l’autre est indispensable.
  • Le passage à l’action peut être difficile. On peut se retrouver dans des situations où l’on se sent mal à l’aise ou avec un sentiment de peur.
Témoignage

Ana Matten, responsable de Comptines à Lambersart

« On a eu la chance de faire la formation en équipe et cela a été super enrichissant. Cela a amené plus de complicité, de respect et de compréhension. On porte un autre regard sur les autres. Personne ne cherche plus à changer l’autre mais plutôt à trouver des solutions pour avancer ensemble. Plus généralement, le fait de connaitre les croyances limitantes incite à ne pas rester sur une première impression. La formation apporte vraiment une ouverture d’esprit. Et les formateurs sont exceptionnels et très à l’écoute. Via différents supports (écrit, vidéo ou jeux), ils font passer beaucoup de messages. La seule condition pour profiter pleinement de cette formation : être prêt à changer de lunettes ! »

Caroline Gavroy, formatrice et accom­pagnatrice en dévelop­pement personnel

« Les croyances limitantes ont un grand impact sur le relationnel, sur la communication et sur la compréhension que l’on a des autres. La formation m’a apporté des outils pour identifier les croyances mais a aussi suscité une prise de conscience. J’ai travaillé pendant 7 ans au Congo en contact avec d’autres cultures et d’autres schémas de pensée. J’appelais ‘point de vue’ les différences que j’expérimentais. Mais le concept de croyance limitante me semble maintenant beaucoup plus pertinent. Ces croyances sont une manière de se positionner dans la vie. Elles constituent un ancrage fort qui ne peut être changé en un débat, elles font partie de l’identité individuelle… Avoir conscience de leur existence amène à une plus grande tolérance. »

En savoir +

Formation

L’Université de Paix, basée à Namur, propose une formation de deux jours. Elle peut avoir lieu dans leurs locaux ou partout en Belgique et en France. Pour plus d’info, visiter leur site Internet.

Lecture

Du désir au plaisir de changer Kourilsky, Dunod, 4e édition (2008).

50 exercices pour penser positif Auriol & M.-O. Vervisch, Eyrolles (2011).

L’homme qui voulait être heureux L.Gounelle, Pocket (2010).