Ils sont fous ces gens ?

« Le vrai courage est de créer du lien »

Car tout ne s’arrête pas après une campagne… On vous laisse ici notre kit de survie en milieu interculturel.
Vous y trouverez une foule d’infos, expériences et sources intéressantes pour mieux comprendre et vivre les relations interculturelles.

En route pour l’aventure !

Prenez votre ticket en première classe et embarquez avec nous pour un voyage en 5 escales dans le monde fascinant de la différence !

J’embarque immédiatement !

Votre carte d’embarquement vous donne accès aux infos par escale (un mailing) où vous découvrirez tout le contenu en 3 axes : RESSENTIR – COMPRENDRE – AGIR.

3 semaines – 5 escales.

C’est quoi? Un itinéraire de voyage insolite pour aiguiser votre regard et renforcer vos compétences dans les projets et relations interculturelles. Grâce à des outils pratiques, des points de vue interpellants, des moments de rencontres et quelques surprises…

Pourquoi faire? Parce que souvent, nous nous sentons démunis face aux autres, surtout de cultures différentes de la nôtre, alors que le facteur humain correspond à au moins 50% de la réussite d’un projet de groupe. Ce voyage vous aidera à décoder les relations, les enjeux pour les reconstruire sur de bonnes bases.

Pour qui? Pour les professionnels du dialogue interculturel et de la coopération au développement mais aussi pour les profs travaillant dans des écoles à forte mixité culturelle et pour tout ceux qui sont simplement curieux des autres.

Comment? Il suffit de vous inscrire au programme en cliquant sur le bouton ci-dessous et vous recevrez un e-mail à chaque escale, soit tous les lundis & vendredis, du 16 au 30 novembre. Et un dernier pour venir fêter avec nous la fin de ce voyage, le 10 décembre.

Ils sont fous ces gens ? … Peut-être pas tant que ça !

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Vous recevrez toutes les infos par escale aux dates suivantes


Rendez-vous le 16/11
Qu’avez-vous dans votre sac à dos ?

ESCALE 1


Rendez-vous le 20/11
Ma carte du monde

ESCALE 2


Rendez-vous le 23/11
Hors des sentiers battus

ESCALE 3


Rendez-vous le 27/11
Avez-vous les bonnes jumelles ?

ESCALE 4


Rendez-vous le 30/11
L’aventure c’est l’aventure !

ESCALE 5


Rendez-vous le 10/12
Fin du voyage, c’est la fête

FINAL
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  • Escale 1 : “Qu’avez-vous dans votre sac à dos ?”

    Les préjugés, c’est physiologique, c’est comme cela que notre cerveau fonctionne. Tout le monde en a.

    Quand je me prépare au voyage, quand je vais rencontrer l’inconnu, mon réflexe est donc de me faire une idée pré-conçue de ce que je vais rencontrer. Prendre conscience de ces préjugés, sans culpabilité ni fierté, est une première étape pour mieux rencontrer l’autre.

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    Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez un étranger ou que vous allez dans un nouveau pays? »

    Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez une personne de culture différente ou que vous allez dans un nouveau pays? » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Carla (Le Monde selon les Femmes), Sandra (Caritas), Mathilde (Quinoa), Josiane (Coopération Technique Belge).

     

    Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez une personne de culture différente ou que vous allez dans un nouveau pays? » Avec les témoignages de : Anne-Marie (FLORA), Sonia (FLORA), Ariane (Mission Locale), Valérie (Jobcoach), Mohamed, (CBAI).

     

    Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent: « Quelles sont vos premières images/perceptions à la rentrée scolaire, quand vous démarrez avec une nouvelle classe? » Avec les témoignages de : Isabelle (Institutrice primaire), Virginie (Institutrice primaire), Julie (Institutrice primaire), Sophia (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire), Jacques (Instituteur primaire).

     

    Des coaches territoriaux du Maroc témoignent sur leur perception de l’Europe : « Quelles sont vos premières idées quand vous rencontrez un européen ou que vous allez en Europe? » Avec les témoignages de : Idriss (Responsable communication), Aman (Coach territorial), Nordinne (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

     

    Et vous? Comment ça se passe dans votre travail, au sein de votre ONG, quand vous démarrez une collaboration avec vos partenaires du Sud? Partagez vous aussi sur notre page Facebook vos ressentis d’avant voyage, d’avant rencontres. On a tous une histoire à raconter 😉

    Quatre grands groupes de mécanismes interviennent, interagissent avec les préjugés et les renforcent. Les découvrir, c’est comprendre comment des mécanismes humains, ultrarapides, destinés à notre survie et à l’interaction avec notre environnement se nourrissent des représentations véhiculées dans la société ou dans les groupes auxquels nous appartenons.

    Dans mon sac à dos : y a quoi ? Et pourquoi ça va s’exprimer ?

    Partir en voyage. Tout un art. Vers l’Egypte, Paris, New York, Moscou, Tahiti… Instantanément une série d’images nous viennent à l’esprit. Des images de lieux, de villes, de paysages : les pyramides, la Tour Eiffel, le MOMA, la Place Rouge, les plages de sable blanc, les cocotiers, les paysages somptueux…

     

    Une absence toutefois : la population ! Que se passe-t-il dans nos têtes lorsqu’on évoque les Égyptiens, les New-Yorkais, les Congolais, les Flamands, les Wallons, les Maghrébins ? Les images surgissent dans nos têtes : immédiates, tordues, simplifiées, généralisantes, incomplètes. Et ces idées préconçues qu’est-ce que j’en fais ? Comment influencent-elles mon voyage ? Vais-je m’enfermer dans un hôtel-club et profiter de la piscine, des plages et des parasols ? Visiter les lieux les uns après les autres ? Privilégier le Bed and Breakfast ?

    Comment cela se passe-t-il dans mon travail d’ONG, dans mon association, à l’école ? Si ces Africains ont besoin de mon aide, n’est-ce pas parce que nous serions plus évolués ? Si je juge que ces personnes seraient des « arriérés » à cause leur manière de traiter les femmes ? Et cet enfant, suis-je insensible à sa culture, au look bizarre de ces parents ? Qu’est-ce que ces préjugés vont amener dans ma relation ?

    Ce qui est dans mon sac à dos – j’ai envie de les rencontrer, ils sont dangereux, ils n’y arrivent jamais… – s’active grâce à quatre grands groupes de mécanismes qui interviennent, interagissent avec les préjugés et les renforcent. Les découvrir, c’est comprendre comment des mécanismes humains, ultrarapides, destinés à notre survie et à l’interaction avec notre environnement se nourrissent des représentations véhiculées dans la société ou dans les groupes auxquels nous appartenons.

    Pour faire bref (puisque nous vous renvoyons vers des articles plus détaillés), la catégorisation sociale nous fait mettre les gens dans des boîtes. Pour certaines l’étiquette nous plaît, pour d’autres, l’étiquette nous plait moins. La catégorisation est extrêmement rapide, de 100 millisecondes à quelques secondes pour se faire une idée. La généralisation consiste simplement à attribuer à tout un groupe, les caractéristiques de quelques-uns. Deux personnes d’une communauté commettent un attentat et les voilà tous terroristes. L’omission est plus subtile, elle ne nous permet de retenir que ce qui confirme le préjugé. Le reste n’a que peu de chance de rester en mémoire. Enfin, les mécanismes de distorsion – qui se comptent en dizaines –, nous font voir la réalité telle que nous voudrions qu’elle soit, rarement comme elle est vraiment. Une voix, un accent et tout un portrait se dessine dans nos têtes. On peut l’aimer. Ou pas.

    Ces mécanismes se nourrissent de ce qui est dans notre tête, de ce qui nous a été communiqué par nos médias, nos parents, l’école. C’est ce que nous avons appris, ce qui nous a été inculqué qui deviendra notre normalité. Mais… Ce qui est normal pour moi peut ne pas l’être pour l’autre. Et voilà une bonne source de conflit et de préjugés. C’est donc du choc culturel dont nous parlerons dans notre deuxième escale.

     

    1/ Le mécanisme de catégorisation sociale

    Des personnes visibles en pied et en gros plans. Des personnes en rue auxquelles on demande leur avis. Gênes, avis, rires, étonnement, respect. Une vidéo de l’association Emmaüs ou comment nous plaçons tout ce que nous rencontrons dans des boîtes appelées catégories.

    Vous voulez en savoir plus ?

     

    2/ Le mécanisme de distorsion cognitive

    Six individus échangent des propos. Ils sont dans le noir. Ils ne peuvent donc compter que sur la voix de la personne qui parle et ce qu’elle dit pour se faire une idée d’elle. Lorsque la lumière se fait : surprise ! D’accord, c’est une pub. Mais une bonne pub.

    Vous voulez en savoir plus ?

    • Lire l’article « Le monde tel qu’il n’est pas : la distorsion! » Comment une série de mécanismes nous amène à regarder le monde comme nous voudrions qu’il soit et non comme il est. Lien : http://issuu.com/thierryf/docs/ngo17_fr/25

     

    3/ Le mécanisme d’omission ou la sélection de l’information

    Deux groupes se passent un ballon. Il suffit de compter le nombre de passe. Une expérience de Daniel Simons et de Christopher Chabris illustrant le mécanisme de focalisation… Dans le cas du préjugé, le principe de la focalisation consiste à rechercher tout ce qui permettra de le confirmer. Ce qui résulte d’un des biais cognitifs les plus connus : la confirmation d’hypothèses, laquelle consiste à préférer les éléments qui confortent une hypothèse plutôt que ceux qui la réfutent.

    Vous voulez en savoir plus ?

     

    4/ Le mécanisme de généralisation et de la simplification.

    Découvrez ces deux vidéos emplies d’autodérision de l’Office du tourisme suisse. Elles jouent sur l’image simplifiée et généralisée des Suisses.

    Vous voulez en savoir plus ?

    Nous vous invitons à participer à l’activité suivante:

    Pièce de théâtre “Contrôle d’identités”

    Quand: Le dimanche 22/11 à 20h
    Où : Pianofabriek, Rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles

    Nous sommes au grand regret de vous informer que la représentation théâtrale “Contrôle d’identités” de ce soir 22 novembre 2015 a été annulée! Le bâtiment du Pianofabriek est fermé jusqu’à demain en raison des mesures de sécurité en vigueur à Bruxelles.

     

    Je suis né en Belgique, je suis donc Belge. Mes parents sont nés au Maroc et je suis donc Marocain. J’ai vécu au Mexique pendant presqu’un an, du coup je suis Mexicain. En 98, j’ai été Brésilien pendant la coupe du monde, même si à la mi-temps de la finale je suis devenu Français. À 3-0, j’étais même fier de l’être. Le mur de Berlin est tombé, j’avais 1 an et j’étais Allemand. Par contre pendant la seconde guerre mondiale je n’étais pas Allemand. Puis un jour, on m’a dit que j’avais tort.

    Six jeunes artistes ont rendez-vous sur une scène pour jouer d’eux-mêmes et de leurs propres clichés. Une envie : fissurer les certitudes des discours identitaires. Ilyas Mettioui, jeune metteur en scène et acteur, s’est entouré de ses amis pour remplacer le sol bétonné de nos croyances par un terrain rebondissant de doutes. Par un mélange de dérision et de regards aiguisés sur notre réalité, il met en avant le ridicule de nos contradictions.

    Une création collective du BOREAL en coproduction avec l’espace Magh
    Mise en scène: Ilyas Mettioui
    Avec Bruno Borsu, Pauline Georger, Martin Goossens, Zoé Janssens, Ilyas Mettioui, Alex Moyroud, Taïla Onraedt

    Page Facebook Trailer de la pièce
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  • Escale 2 : “Ma carte du monde”

    Quand deux personnes de culture différente se rencontrent, ça peut être un choc!

    Pourquoi ? Chacun lit la réalité de manière différente,en fonction de son propre décodage de la réalité, de son vécu, de son histoire. Nous avons tous notre propre carte du monde. Chacun a aussi des attentes différentes, en fonction de cette même carte.

    Ce qui est normal pour moi peut ne pas l’être pour l’autre. J’existe avec ma propre histoire, je rencontre l’autre avec sa propre histoire. Et on compose…

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    Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Racontez-nous un choc culturel que vous avez vécu. Qu’est-ce que cela vous a permis de comprendre sur l’autre… et sur vous? »

    Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Racontez-nous un choc culturel que vous avez vécu lors de vos voyages. Qu’est-ce que cela vous a permis de comprendre sur l’autre… et sur vous? » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Mathilde (Quinoa), Josiane (Coopération Technique Belge), Carla (Le Monde selon les Femmes).

     

    Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Racontez-nous un choc culturel que vous avez vécu dans votre travail. Qu’est-ce que cela vous a permis de comprendre sur l’autre… et sur vous? » Avec les témoignages de : Sonia (FLORA), Ariane (Mission Locale), Valérie (Jobcoach), Mohamed (CBAI).

     

    Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent: « Racontez-nous un choc culturel que vous avez vécu dans votre classe. Qu’est-ce que cela vous a permis de comprendre sur vos élèves… et sur vous? » Avec les témoignages de : Julie (Institutrice primaire), Sophia (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire), Isabelle (Institutrice primaire), Jacques (Instituteur primaire).

     

    Des coaches territoriaux du Maroc témoignent sur leur perception de l’Europe : « Racontez-nous un choc culturel que vous avez vécu. Qu’est-ce que cela vous a permis de comprendre sur l’autre… et sur vous? » Avec les témoignages de : Farid (Coach territorial), Aman (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

     

    Et vous? Vous rappelez-vous un choc culturel? Si vous avez envie, partagez-le avec nous sur notre page Facebook.

    On sait que les codes comportementaux diffèrent d’une culture à l’autre. De la gêne au fou rire, les réactions sont garanties. Lorsque le préjugé s’en mêle, les attitudes que l’on adopte envoient un message supplémentaire qui peut envenimer la situation. Petit voyage au pays de la ponctualité, du baiser, du pet, en faisant des détours par les reniflements et les rots…

    Ma carte du monde : le choc culturel comme source de préjugés

    C’est parti pour une deuxième escale. Après la préparation du sac à dos, on prépare les cartes. Histoire de savoir où l’on va se retrouver et comment aller d’un point A à un point B. À nous le temple de Borobudur, le musée Gugenheim, Il Duomo…

    Curieusement, cet intérêt que nous portons au lieu et à la géographie des lieux, est moins développé pour les cultures que nous allons rencontrer. À nouveau, la question des personnes se pose. Parce qu’après, à moins de rester cloîtré dans un hôtel cinq étoiles où le menu sera farniente, plage, soleil, un peu de sport, repas – plantureux le repas – et consort, la visite d’un pays passe nécessairement par le fait d’y rencontrer des gens.

    Lors d’un voyage en Afrique, l’un de mes interlocuteurs africains soulignait la difficulté qu’il avait eu à accueillir des Allemands : « peu respectueux, qui faisaient tout le temps la fête, étaient sans gêne, etc. ». Belle généralisation, mais je voyais assez bien de quoi il voulait parler. Par son propos, il illustrait la notion de choc culturel. Le fait que les comportements considérés comme normaux par les uns est choquant pour les autres.

    Plus près de nous, reprenons un exemple étudié par Xavière Remacle, formatrice au C.B.A.I. Dans un épisode intitulé Baiser dans le métro et disponible ici (http://www.iteco.be/antipodes/Le-choc-culturel/Un-baiser-dans-le-metro), elle rappelle l’histoire de deux ados qui s’embrassent dans le métro bruxellois. Pour la majorité des spectateurs de la scène, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Pour un candidat réfugié rwandais de 32 ans, ce type de comportement était tout simplement inenvisageable. Dans son pays, la pudeur l’interdit. Pour beaucoup, la surprise est réelle. Une opinion généralement répandue sur l’Afrique selon laquelle la sexualité y est libérée voire débridée est alors remise en cause. En attendant, le Rwandais de 32 ans était bel et bien choqué par la scène.

    La difficulté est que la « grammaire » que nous utilisons n’est pas la même d’une culture à l’autre. Les codes diffèrent, les mots ne sont pas chargés du même sens, certaines attitudes admises ici ne le sont pas là-bas et inversement. On pourrait reprendre la « gaffe » de Ségolène Royal qui, en 2007, visite la Grande Muraille tout de blanc vêtue. Manque de chance, pour les Chinois cette couleur est réservée aux vêtements de grand deuil. D’autres exemples ? En 2011, Stephen Harper, le Premier ministre canadien, rencontre le libyen Mahmoud Jibril. Dans la discussion, sans y prêter une quelconque attention, Stephen Harper dirige la semelle de sa chaussure vers Mahmoud Jibril. Aïe. Le geste est considéré comme offensant. Ces deux exemples sont extraits d’une page consacrée aux maladresses interculturelles (http://gestion-des-risques-interculturels.com/risques/maladresses-bourdes-et-autres-impairs-culturels-des-responsables-politiques/) savoureuse à consulter.

    Ce type d’impolitesse est « facilement » pardonné car l’un et l’autre savent qu’ils ne sont pas de la même culture. Sauf… Sauf lorsque le préjugé s’en mêle. Lorsque la culture de l’autre est considérée comme « retardée, dissolue, dévergondée, rigide, inintéressante » selon les points de vue. Les attitudes et les micro-attitudes peuvent révéler ce mépris, cette condescendance, ce rejet… et ça se sent. L’émotion prend alors le relais et peut envenimer la discussion.

    Une vidéo d’Amélie Nari, une youtubeuse qui témoigne de son pire choc culturel. C’est avec la Corée. Au menu : reniflements, pets et rots. On a mal pour elle. C’est qu’elle lutte… durant 14 min 55.

     

    Vous voulez en savoir plus ?

    Une expérience américaine sur la manière dont nos préjugés affectent notre lecture des comportements
    http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-sociale/195-duncan-1976-peux-t-on-reellement-etre-exempt-de-prej.html

    Valeurs et préjugés

    Un article expliquant la manière dont les valeurs se transforment en comportements normés différents. Un des exemples ? Pour certaines cultures, la ponctualité est une marque de respect, pour d’autres c’est le temps passé avec les personnes. Clash garanti.
    Lien : http://issuu.com/thierryf/docs/ngo23_fr/27

    Une méthode pour aborder le choc culturel : la méthode des incidents critiques développée par Margalit Cohen Émerique :
    http://echoscommunication.org/download/4357/

    Vidéo

    Des témoignages sur le choc culturels vécus par les migrants arrivant au Canada

    Nous vous invitons à participer aux deux activités suivantes:

    “Pack Aventure”©, workshop animé par Miguel de Clerck, directeur d’Echos Communication

    Quand: Le mardi 24 novembre de 19h00 à 21h00
    Où : 81 Avenue de Tervueren, 1040 Bruxelles

    Pour sa deuxième escale, Echos Communication vous propose un atelier en compagnie du directeur général de l’ONG, Miguel de Clerck.

    Mais d’où proviennent nos réactivités par rapport à certains sujets ? Bien souvent lorsque notre système de valeurs est touché : résister devient alors le réflexe. Et comment se fait-il que lorsque nous sommes choqués, scandalisés ou gênés, nos chances de faire rapprocher l’autre de nos convictions fondent ? Pour les améliorer, un outil simple et puissant : le Pack Aventure©.

    Venez découvrir cet outil, son utilisation concrète et ses vertus lors d’un atelier pratique ! Tout le monde aura l’occasion de le pratiquer, de surprendre l’autre et de se surprendre soi-même.

    ATTENTION, si vous désirez participer veuillez vous inscrire en cliquant sur le lien ci-dessous, le nombre de places est limité, ne tardez pas !

    Je m’inscris sans tarder !

     

    Midi FUCID – 18 migrants racontent leurs parcours (documentaire) par Wivine Hynderick

    Quand: Le jeudi 26 novembre de 12h50 – 13h50
    Où :  FUCID : 7 rue Bruno, 5000 Namur (Sous-sol du Centre Social Universitaire)

    Dans le cadre de notre deuxième escale, nous vous proposons également un second événement. Venez découvrir le documentaire “Je suis d’ici et d’ailleurs, Une histoire à plusieurs voix entre Bruxelles et Oujda” réalisé par Wivine Hynderick et diffusé le jeudi 26/11 à Namur.

    La réalisation du documentaire se partage entre le Maroc et la Belgique. Nous suivrons 18 personnes à travers leur parcours migratoire. Au cours de 6 jours d’atelier d’expression, les participants chercheront à trouver les mots pour raconter leur histoire. Depuis les raisons qui ont motivés leur départ jusqu’aux représentations faites de leur terre d’adoption. Et quand la parole est bloquée, c’est au travers de l’écriture, du slam, de la musique qu’une parole nouvelle peut émerger. Une parole de l’intime plutôt qu’un débat sur qui invite le spectateur à prendre place et à écouter.

    Précision : si vous n’êtes pas disponibles le 26 novembre ou que vous ne pouvez pas vous déplacer à Namur, pas d’inquiétude : nous prévoyons une autre projection à Bruxelles en collaboration avec l’Ihecs le 01/12 ! Plus d’infos à venir.

    En savoir +

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  • Escale 3 : “Hors des sentiers battus”

    Oser être soi… face à l’envie d’adhérer à un groupe, face à la pression sociale.

    Ce n’est pas simple. Parce que cela implique le risque de déplaire, le risque de devoir assumer une position isolée, le risque de s’effacer trop, le risque de paraître égoïste, … Entre suiveur et marginal, quelle place prendre, quel équilibre pouvons-nous trouver?

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    Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Avez-vous déjà opté pour une prise de position différente par rapport aux valeurs ou au fonctionnement de votre ONG, école, association? Qu’est-ce que cela vous a coûté, en termes d’efforts personnels? »

    Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Avez-vous déjà opté pour une prise de position différente par rapport aux valeurs ou au fonctionnement de votre ONG? Qu’est-ce que cela vous a coûté, en termes d’efforts personnels? » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Sandra (Caritas), Josiane (Coopération Technique Belge).

     

    Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Avez-vous déjà opté pour une prise de position différente par rapport aux valeurs ou au fonctionnement de votre association? Qu’est-ce que cela vous a coûté, en termes d’efforts personnels? » Avec les témoignages de : Sonia (FLORA), Mohamed (CBAI), Ariane (Mission Locale), Valérie (Jobcoach).

     

    Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent: « Avez-vous déjà opté pour une prise de position différente par rapport aux valeurs ou au fonctionnement de votre école? Qu’est-ce que cela vous a coûté, en termes d’efforts personnels? » Avec les témoignages de : Virginie (Institutrice primaire), Sophia (Institutrice primaire), Isabelle (Institutrice primaire), Jacques (Instituteur primaire).

     

    Des coaches territoriaux du Maroc témoignent : « Avez-vous déjà opté pour une prise de position différente par rapport aux valeurs ou au fonctionnement de votre entourage? Qu’est-ce que cela vous a coûté, en termes d’efforts personnels? » Avec les témoignages de : Idriss (Responsable communication), Hadida (Coach territorial), Ghislaine (Photographe). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

     

    Et vous? Êtes-vous plutôt mouton ou rebelle/contestataire? Ou un savant mélange? Partagez vous aussi sur notre page Facebook vos expériences. On a tous une histoire à raconter…

    Nous sommes des animaux grégaires. Faits pour vivre en groupe. Même marginal, nous avons besoin des autres. Cette notion de groupe est fondamentalement liée à la notion d’humanité. Afin de rester stable, le fonctionnement du groupe repose sur des mécanismes de régulation qui rendent difficiles la divergence par rapport à ce dernier auquel on appartient : partage des normes, des codes, des valeurs, pression de groupe, image sociale, respect de l’autorité, stabilité de la dominance ou du leadership sont, entre autres, au rendez-vous.

    Hors des sentiers battus

    Pour le voyage, ce qu’on met dans notre sac à dos, vêtement, objets, outils, cartes est révélateur de ce que l’on croit ou sait trouver où l’on va. Généralement, ce que l’on pense, la manière dont on construit son savoir sur le lieu à visiter dépend de ce que les amis en ont dit ou de ce que les guides ont raconté page après page.

    Toutes ces informations vont orienter notre regard. L’un des intérêts du voyage est de confronter ces informations avec nos impressions, sachant que ce qu’écrivent ces guides est encore et toujours concentré sur les lieux. Vos amis, peut-être, vous auront parlé des populations. Le plus souvent, ce que l’on sait des gens que l’on ne connaît pas nous a été transmis par les médias. Et l’on connaît deux de leurs caractéristiques essentielles : ils mettent une loupe sur ce qui ne va pas et l’amplifient de manière exagérée.

    L’amplification du négatif par les médias

    Dans le rapport entre les communautés, on peut détecter l’impact de leur discours lorsque l’on se rend sur un site comme francaisdesouche (http://www.fdesouche.com/). Ce site est essentiellement construit sur base de ce que les quotidiens nationaux publient dans le vécu avec la communauté maghrébine. Cette juxtaposition des informations sonne bizarrement puisque des articles très positifs côtoient des articles très négatifs. Mais dans cette balance – parce que c’est l’essence même de la nourriture médiatique – les informations négatives prédominent. Ce bourrage de crâne forge progressivement nos représentations. Et il devient difficile de les remettre en question. Dans le voyage, entre ce que médias et amis pensent et ce que vous allez vivre, il existe une différence cruciale : votre opinion personnelle que vous forgerez en fonction de votre expérience.

    Il y a juste une petite chose, un rien encombrante qui pourrait bien polluer votre séjour. Les préjugés qui vous auront été transmis sur la population locale. Et il n’est pas vraiment facile de s’en débarrasser. On sait que différents mécanismes de distorsion agissent : la confirmation d’hypothèse qui nous fait regarder ce qui confirmera ce qu’on nous a déjà raconté, plutôt que ce qui l’infirmera ; la dissonance cognitive qui nous permettra de trouver une explication plus ou moins plausible alors que nous devrions revisiter complètement notre manière de voir, mais l’un des freins les plus criant est la fidélité au groupe et sa pensée.

    La pression du groupe contre la déviance

    Le principe du préjugé est qu’il est le plus souvent partagé par une partie du groupe auquel on appartient. Il suffit de prendre un club de supporter pour comprendre l’impératif qu’il y a à partager les représentations du groupe. Essayez un peu de vanter les qualités d’un joueur anderlechtois si vous êtes un supporter du Standard. On parle carrément de trahison. C’est ce que vit un joueur comme Steven Defour qui a le malheur d’avoir connu le succès avec le Standard, d’être parti sous les cieux portugais avant de revenir sous la vareuse anderlechtoise. Un véritable crime que les supporters ont célébré avec un tifo du plus mauvais goût.

    Cela s’appelle la pression du groupe, que Solomon Ash a mise en lumière dans diverses expériences dont celle des bâtonnets qui a de quoi nous laisser ou perplexe ou pantois et que nous vous invitons à découvrir ci-dessous. Cela révèle simplement que lorsque le groupe dit une bêtise grosse comme une maison, une forte de proportion de personnes, qui savent pourtant que c’est une bêtise, se conforme à l’avis du groupe dès qu’elles sont seuls contre tous. Pour le ramener à la dimension du préjugé, se désolidariser d’un préjugé partagé par le groupe est extrêmement difficile. Heureusement, pas pour tout le monde.

    Mais pour ceux qui ne se reconnaissent plus dans les croyances du groupe, le dilemme se pose : interpeller le groupe, faire semblant de rien, revenir à l’opinion du groupe ? Le quitter pour rejoindre un autre groupe ? On comprend que la solution dépend de plusieurs paramètres. S’il n’y a pas de mobilité sociale et donc de possibilité de changer de groupe, il faudra ou se marginaliser – extrêmement difficile – ou continuer à appartenir au groupe. Si les opinions sont très rigides dans le groupe, le vécu sera sans doute très lourd sauf à revenir à l’opinion dominante. Si le groupe cultive le débat, il y aura sans doute possibilité pour tout le groupe d’évoluer.

    Le prochain épisode se penche sur un phénomène logique mais perturbant : l’influence de la représentation que l’on a de l’autre sur nos comportements. Si je le pense dénué de tout, si je l’imagine dangereux, comment vais-je interagir avec lui ?

    La vidéo de l’ascenseur

    L’une des plus célèbres expériences menées par Solomon Ash. Trois complices entrent dans un ascenseur qui n’a qu’une seule porte d’entrée et regardent le fond de l’ascenseur plutôt que la porte. Que va faire le cobaye de l’expérience ? À découvrir sans modération.

    Leadership et suiveurs

    Il ose. Il faut oser pour faire ça. Un instant de solitude où il a l’air un peu ridicule, là tout seul. Un petit délai et voilà le premier suiveur. Il n’a pas l’air plus à l’aise. Puis une troisième personne. Et à partir de là, c’est la ruée. Plus personne n’a peur du ridicule et tout le monde s’éclate. Il fallait oser montrer le chemin, il fallait oser être le deuxième ou le troisième. Après, plus besoin d’oser.

    Vous voulez en savoir plus ?

    Comment faire pour se dégager de son image sociale?

    Qu’on le veuille ou non, le regard de l’autre a du poids. On peut s’y soumettre ou y réagir mais il influence nos choix, notre manière d’être et de penser. Comment développer son opinion personnelle ? http://issuu.com/thierryf/docs/ngo11_fr/21

    Qu’est-ce qui est acceptable, qu’est ce qui ne l’est pas ? À quelle époque et où ? Une photo pour interpeller notre regard et nos valeurs. http://echoscommunication.org/2015/08/31/radar-aout-2015/

    L’expérience de la corde invisible. Elle illustre simplement le fait que les gens font plus confiance aux comportements d’autrui que ce que leurs yeux voient. Ici, on observe des gens dans un magasin qui évitent une supposée corde placée entre deux individus.

     

    À l’agenda – Pour cette escale, nous vous invitons à participer à:

    Un midi-débat autour de la question « L’avenir est-il aux ONG métisses? »

    Quand: Le vendredi 27 novembre 2015, de 12h à 14h
    Où : Pianofabriek, Auditoire Arenberg, Rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles

    “Le métissage est l’avenir de l’homme”, la célèbre prédiction de Senghor laissait entrevoir les premières palpitations d’une civilisation de l’universel. Les sociétés européennes ont désormais franchi les portes de ce nouveau monde. Certains bastions semblent toutefois bloqués dans une ère révolue. Il en est ainsi, à notre sens, de nos ONG qui, bien que tissant davantage de liens avec les acteurs locaux dans le Sud, restent encore repliées sur elles-mêmes dans le Nord. Peu d’entre elles entretiennent des relations avec les diasporas, très nombreuses dans notre pays, qui se profilent comme un univers parallèle, aux préoccupations pourtant similaires. Comment jeter davantage de ponts entre ces deux mondes? À quand les ONG métisses?

    Intervenants

    Edgard d’Adesky : fonctionnaire à la DGD longtemps responsable de la thématique Migration et développement.

    Hassan Bousetta : il travaille depuis des années sur les liens entre migrations et développement. Entre autres choses, il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques et sociales sur un sujet connexe (Immigration, Post-Immigration Politics and the Political Mobilisation of Ethnic Minorities: A comparative Case-Study of Moroccans in Four European Cities), a été actif au sein de la Commission Wallonie-Bruxelles de la Coopération internationale au titre de délégué du Centre national de la coopération au développement, spécialisé sur la question des liens entre Migration et Développement et a participé à la création de l’asbl DiverCité.

    Omar Ba : consultant indépendant, membre du conseil d’administration d’Echos communication ONG et autrefois coordinateur de la Plateforme flamande des Communautés Africaines.

    Modérateur

    Pierre Biélande, coordinateur des projets EVE et TaPAJE d’Echos Communication. Depuis 2010, il développe des formations sur la déconstruction des préjugés dans les thématiques de l’interculturalité et du genre. Il travaille également sur les cadres de fonctionnement générant plus de justice, d’équité et moins de discriminations.

    Informations complètes et inscription

     

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  • Escale 4 : “Avez-vous les bonnes jumelles ?”

    Action – Réaction…

    Il existe un lien fort entre le regard que je pose et le type de réaction que je suscite, voire que je provoque, à travers ce regard. « Si tu me regardes avec misère, je deviens misérable ». Et inversement « Si tu me regardes avec émerveillement, je deviens merveilleux ».
    Et vous, dans vos rencontres à l’autre, quelle paire de jumelles adoptez-vous ?

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    Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Parlez-nous d’une anecdote suite à un préjugé positif ou négatif que vous avez eu au démarrage de votre rencontre et qui a influencé votre relation »

    Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Parlez-nous d’une anecdote suite à un préjugé positif ou négatif que vous avez eu au démarrage de votre rencontre et qui a influencé votre relation ». Avec les témoignages de : Carla (Le Monde selon les Femmes), Sandra (Caritas), Josiane (Coopération Technique Belge).

     

    Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Parlez-nous d’une anecdote suite à un préjugé positif ou négatif que vous avez eu au démarrage de votre rencontre et qui a influencé votre relation ». Avec les témoignages de : Valérie (Jobcoach), Anne-Marie (FLORA), Mohamed (CBAI), Ariane (Mission Locale).

     

    Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent: « Parlez-nous d’une anecdote suite à un préjugé positif ou négatif que vous avez eu dans votre classe et qui a influencé votre relation à vos élèves ». Avec les témoignages de : Julie (Institutrice primaire), Isabelle (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire).

     

    Des coaches territoriaux du Maroc témoignent : « Parlez-nous d’une anecdote suite à un préjugé positif ou négatif que vous avez eu au démarrage d’une rencontre et qui a influencé la relation ». Avec les témoignages de : Farid (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

     

    Et vous? Comment ça se passe dans votre travail, au sein de votre ONG, quand vous démarrez une collaboration avec vos partenaires du Sud? Partagez vous aussi sur notre page Facebook vos anecdotes. On a tous une rencontre à raconter 😉

    Ce que l’on pense d’autrui se traduit en attitudes, en comportements. Cela peut faciliter la relation ou la rendre extrêmement problématique. Nous sommes à la fois doués pour comprendre l’autre et complètement aveugles à ce que nous sommes susceptibles de transmettre à l’autre. Lorsque le préjugé entre dans la danse, il a un impact sur la relation. Entre intégration des stéréotypes, réaction face à l’injustice et à la discrimination, ou développement de l’estime de soi, le regard sur l’autre a la capacité de l’élever ou de l’abaisser. Petit tour de la question.

    Ma paire de jumelle

    Lunette ou jumelle ? Jumelle : rendre distinct ce qui est éloigné. Lunette : rendre clair ce qui ne l’est pas ou plus. Que prendre en voyage ? La difficulté qu’il y a à voir des lieux, implique l’utilisation d’outils spécifiques. Mais qu’en est-il lorsque la vision n’est pas en cause mais bien ce qui se passe dans notre cerveau ?

    Plusieurs notions doivent être abordées pour mieux comprendre l’impact du regard, individuel ou collectif, sur l’autre. Notre capacité à interpréter ce que fait ou ce que pense l’autre ; notre incapacité à savoir ce que l’autre comprend exactement de ce que nous faisons, disons, pensons ; le fait qu’il existe un lien étroit entre ce que je dis, ce que je fais, la manière dont je le dis ou je le fais et les réactions de l’autre, le fait que dans une relation de dominance entre groupes, ceux qui font l’objet de préjugés sont susceptibles d’intégrer le préjugé ou au contraire de le rejeter avec violence. Et bien d’autres choses encore.

    Interpréter ce que l’autre pense

    Dans une étude sur notre aptitude à interpréter ce que l’autre fait, pense ou croit, quatre neuroscientifiques français ont fait émerger en 2010 une série de facteurs (Comprendre les actions, émotions et états mentaux d’autrui : psychologie et neurosciences. Coralie Chevallier, Nicolas Baumard, Julie Grèzes et Lydia Pouga). Avec un point de départ fondamental : le fait d’utiliser notre propre perspective pour comprendre les actions, émotions et sensations d’autrui. Notre propre perspective ? Cela signifie notamment qu’en observant les actes, les émotions d’autrui, nous activons des mécanismes neuronaux, cognitifs qui nous servent pour mettre en œuvre les mêmes actions, pour activer les mêmes émotions. L’avantage ? Cela nous permet d’interpréter plus aisément les mouvements faciaux d’autrui, ces gestes, ses postures. On évoque ici la notion de neurones miroirs. Mais partir de son propre point de vue ne suffit évidemment pas. Une multitude d’études démontrent la capacité de l’être humain à adopter une autre perspective. Dans la théorie de l’esprit, des expériences montrent que les enfants sont capables de comprendre que la perspective de l’autre est différente de la sienne dès l’âge de 4 ans. Donc, oui, nous sommes capables de comprendre le point de vue de l’autre, de l’interpréter… Toujours ? Ce serait si simple ! Car en parallèle, les travaux d’un des papes de la communication Paul Watzlawick, comme d’ailleurs une série d’expériences de psychologie sociale, nous montre que nous sommes fréquemment aveugles par rapport à ce que nous communiquons.

    Une expérience menée par Dovidio, Gaertner et Kawakami reposait sur le principe d’une discussion banale – les objets personnels les plus utiles à amener à l’université – entre des étudiants américains blancs et leurs comparses noirs. Toutes les conversations étaient filmées. Cette expérience confirma l’hypothèse de départ qui était que les étudiants qui avaient des préjugés non conscients sur les noirs développaient des attitudes corporelles et un langage non verbal loin d’être bienveillant alors que leurs paroles étaient, elles, bienveillantes. Les étudiants noirs auxquels on demandait leur ressenti ont expliqué que les étudiants blancs en question sentaient le racisme. Sauf qu’ils n’en étaient pas conscients.

    « Pour se comprendre soi-même, on a besoin d’être compris par l’autre. Pour être compris par l’autre, on a besoin de comprendre l’autre. » Thomas Hora

    Cette expérience n’est que l’une des nombreuses illustrations des principes de la communication et notamment du fait que le non verbal est déterminant dans l’envoi des messages. Or, si nous pouvons être conscients de ce que nous disons, il est infiniment plus complexe de savoir ce que notre visage, nos gestes et notre posture racontent. C’est ce qu’Albert Mehrabian avait été l’un des premiers à montrer en 1971, dans son ouvrage Silent Messages.

    Nos émotions se manifestent et dévoilent nos pensées : la communication

    Le langage corporel: 55%
    La voix: 38%
    Les mots: 7%
    Source : Mehrabian, Albert (1971). Silent Messages (1st ed.). Belmont, CA: Wadsworth.

     

    L’expérience des yeux bleus de Jane Elliott est parlante et montre combien des enfants discriminés sont affectés par la discrimination développée à leur égard. Émotion garantie.

    Une publicité d’une marque de protection féminine et reposant sur l’intégration des préjugés illustre également combien les stéréotypes sont intégrés de manière inconscientes. On peut même parler de conditionnement. La vidéo est à découvrir ici.

    « Si tu me regards avec émerveillement, je deviens merveilleux ».

    L’effet Pygmalion est l’autre face de ce que peut provoquer le regard, et plus particulièrement celui de l’enseignant sur les enfants. Cet effet a été illustré par Robert Rosenthal et Lenore Jacobson en 1968. En substance, l’expérience montre que si l’enseignant croit en la réussite de l’enfant, cela accroît sensiblement la probabilité qu’il réussisse. L’expérience a été tentée à l’Oak School de San Francisco. Les deux chercheurs se présentèrent dans cette école en prétextant mener une vaste étude sur l’éclosion tardive du QI des élèves. Ils firent passer ledit test aux élèves et s’arrangèrent ensuite pour que les enseignants prennent connaissance des résultats. En réalité, les résultats n’étaient pas ceux du test mais purement aléatoires. Vingt pourcent des élèves s’étaient vus attribués un QI surévalué. En fin d’années, les deux chercheurs firent repasser le test de QI et le résultat tomba : les 20% concernés avaient vu leur performance augmenter de 5 à 25 (!) points en plus à leur test de QI. CQFD !

    Le prochain épisode concernera le changement qui s’opère en soi au contact de l’autre et la création des identités métisses.

    David Trouilloud, Philippe Sarrazin. Les connaissances actuelles sur l’effet Pygmalion : Processus, poids et modulateurs.. Revue Française de Pédagogie, INRP, 2003, pp.89-119.

    Nous vous invitons à participer à l’activité suivante:

    Quand l’Afrique témoigne de l’UBUNTU :
    Témoignages de porteurs d’espoir et créateurs de richesses

    Quand: Le vendredi 4 décembre de 20h30 à 22h30
    Où : Quincaillerie des Temps Présents, 66 rue du Viaduc – 1050 Ixelles

    Echos Communication vous invite dans le cadre de sa 4ème escale à un moment de rencontre et d’échange avec des lauréats et lauréates Harubuntu. De passage à Bruxelles pour l’écriture d’un livre, ces héros du quotidien venus de différents pays d’Afrique témoigneront des changements qu’ils portent à partir de leurs histoires. Un espace de rencontre convivial et chaleureux pour écouter, échanger, se questionner et s’inspirer.

    En présences de :

    Venez passer ce moment de rencontre avec nous le vendredi 4 décembre de 20h30 à 22h30 à la Quincallerie des temps présents, situé à Ixelles !

    Si vous le désirez, dites-nous si vous participez sur Facebook
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  • Escale 5 : “L’aventure, c’est l’aventure !”

    Nous avons tous une part d’aventurier en nous mais quel est votre propre style ?

    Se découvrir en se confrontant à des expériences/témoignages et se remettre en question… Rencontrer l’autre, c’est aussi cela.

    Un voyage, ça nous change toujours au moins un peu, une rencontre aussi. J’apprends des choses, je change, je vois ma réalité / leur monde d’une autre façon. Et ainsi je redéfinis mon attitude par rapport à d’autres cultures. Mon sac s’adapte 😉

    Et vous, quel aventurier êtes-vous ?

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    Découvrez dans les vidéos ci-dessous, des témoignages en provenance du Nord comme du Sud d’acteurs d’ONG, d’associations et de professeurs autour de la question : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. »

    Des acteurs d’ONG belges témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Stéphane (Médecins du Monde), Carla (Le Monde selon les Femmes), Sandra (Caritas), Mathilde (Quinoa), Josiane (Coopération Technique Belge).

     

    Des assistants sociaux actifs dans le dialogue interculturel témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Anne-Marie (FLORA), Sonia (FLORA), Valérie (Jobcoach), Ariane (Mission Locale), Mohamed (CBAI).

     

    Des instituteurs d’écoles en région bruxelloise témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Sophia (Institutrice primaire), Greg (Instituteur primaire), Isabelle (Institutrice primaire), Jacques (Instituteur primaire).

     

    Des coaches territoriaux du Maroc témoignent : « Parlez-nous d’une rencontre interculturelle qui vous a amené à changer. » Avec les témoignages de : Idriss (Responsable communication), Aman (Coach territorial), Ghislaine (Photographe), Hadida (Coach territorial). Remerciements : Idriss El Fatih Hadef, Président d’Association Passagers, arts & développement, vidéo et photographie.

     

    Et vous ? Si vous avez envie, partagez votre vécu sur notre page Facebook. On a tous une histoire à raconter.

    À ce stade, les quatre escales précédentes nous ont permis de mettre en lumière les grands phénomènes qui nous amènent à regarder ceux qui ne sont pas comme nous avec des lunettes déformantes et généralisantes. La dernière étape est d’explorer le dialogue à mettre en place pour favoriser le respect de chacun, dans son intégration, mais aussi dans le respect de ses propres racines et de sa propre culture.

    L’aventure, c’est l’aventure !

    Cette semaine au cours d’une des animations liées à notre campagne Ils sont fous ces gens ?, une personne nous expliquait combien il lui était difficile d’aborder les femmes musulmanes dès lors qu’elles portaient le voile ou, dans le cas présent, le foulard.

    Dans la même salle, une musulmane croyante portant le foulard avait montré beaucoup de pondération, de nuance et de raison dans ses propos. L’occasion était idéale pour mettre ces deux personnes en contact et c’est ce qui se fit. La musulmane, très ouverte, visiblement habituée à être interpellée sur la question du voile expliquait en un sourire que : « non, ce n’était pas son homme qui l’avait obligée à mettre le voile. » Que sa famille religieuse et emplie de valeur de tolérance l’avait éduquée dans un Islam de paix et que c’était dans le respect de cet Islam que le port du foulard prenait, pour elle, tout son sens. Qu’elle portait déjà ce foulard avant d’avoir connu son mari. Et qu’elle-même avait des difficultés à dialoguer avec les musulmans radicaux. En face, l’autre personne était simplement bloquée par l’association omniprésente dans son esprit « foulard égal hommes dominants qui forcent le port du foulard. » Début difficile donc pour un dialogue. Puis, le dérapage : « je n’ai pas de problème pour rencontrer les êtres humains, mais vous vous affichez comme musulmane. On ne peut pas afficher sa religiosité ! » En lecture inversée, ce que cette dame musulmane a ressenti et entendu était : « vous, musulmans, n’êtes pas des êtres humains ! ». Et pourtant patiente, même si elle était choquée, la musulmane a continué le débat qui se termina en laissant chacun sur sa faim et ses positions.

    Écouter sans juger

    Cet exemple illustre plusieurs mécanismes psychologiques clés dont celui de la dissonance cognitive qui explique que, plutôt que revoir sa façon de penser, on réinterprète les événements d’une autre manière afin de ne pas changer d’avis (David Vaidis et Séverine Halimi-Falkowicz. La théorie de la dissonance cognitive.). En l’occurrence, à la fin de cette conversation, la personne blanche nous expliquait qu’elle n’avait pas changé d’avis et restait convaincue que si la musulmane portait le voile c’était à cause des hommes. Elle n’avait tenu aucun compte des propos de la dame musulmane qui disait exactement l’inverse et qui était, aux dires des observateurs de cette conversation, l’expression réelle de ce qu’elle pensait.

    L’intégration, porte ouverte aux identités métisses

    Lorsque la personne blanche parlait d’intégration dans cette conversation, elle était plus proche de la notion d’assimilation que de celle d’intégration. Ce qu’elle évoquait était une forme d’injonction : « Devenez comme nous, adoptez nos us et coutumes, notre langue, nos valeurs, notre apparence, tout quoi… » alors que le concept d’intégration résonne plus comme : « vous pouvez rester qui vous êtes pour autant que vous adhériez à notre mode de fonctionnement, aux valeurs qui assurent un bon vivre ensemble… ».

    Dans le premier cas, la personne devrait renoncer à ces racines, à l’une de ses cultures. Ce qui peut générer de la frustration, de la colère et, in fine, le rejet de l’identité du groupe auquel appartient celui qui tend à vous imposer ce choix. Dans l’autre, apparaît une place importante pour se créer une identité métisse, fruit de la rencontre de deux cultures.

    Outils et exemples du dialogue interculturel

    Il existe plusieurs méthodes afin d’assurer le dialogue interculturel, mais la plus simple et la plus efficace est sans doute de s’intéresser à l’autre et de l’écouter sans le juger. Aussi simple à écrire que difficile à faire lorsque le préjugé est fortement ancré comme l’illustre notre exemple ci-dessous.

    Topoi, la liberté de se présenter

    Nous vous invitons à découvrir un outil de dialogue interculturel développé par un Hollandais. Topoi – c’est le nom de l’outil – est une méthode d’interaction qui laisse l’autre se présenter comme il le veut. Cette méthode reste loin des approches culturelles classiques qui définissent des cases du type : « les Suisses sont plus rigoureux que les Italiens, accordent plus d’importance à la propreté, etc. » Avec cette méthode, l’individu se présente à travers un mélange de caractéristiques personnelles, de situation sociale, de statut économique, etc.

    Pour changer l’autre, changer soi

    Dans un article sur l’appropriation, Patrick Collignon expliquait les qualités à développer pour aborder l’autre en respectant sa différence : nuance, relativité, réflexion, curiosité, opinion personnelle étaient et sont toujours au menu… Il met l’accent sur le triangle magique : pensée, comportement et émotion en pointant le fait que pour changer une relation, inutile d’attendre que l’autre change, il suffit bien souvent de changer soi-même, ce qui est quand même plus simple !

    Cumuler les avantages culturels

    Dans un article sur l’intégration des atouts des deux cultures auxquelles elle appartient, Mama Magy explique les bienfaits qui peuvent résulter de ces mélanges culturels. « Ajoutez un système d’enseignement bien structuré à la capacité congolaise de transformer les choses en très peu de temps, et vous obtiendrez une société avec des perspectives d’avenir. », écrit-elle.

    À la recherche du métissage

    Yasmina El Alaoui, franco-marocaine, nous raconte sa quête identitaire au Burkina Fasso. Française, elle bénéficiait de la puissance d’une culture encore rayonnante. Africaine, elle était perturbée par les stéréotypes négatifs qui décrivaient l’Afrique. Retrouvez ce parcours initiatique de reconstruction d’une identité métisse.

     

    Nous vous invitons à participer à l’activité suivante:

    Projection de Je suis d’ici et d’ailleurs suivi d’un débat sur Les enjeux du métissage, en collaboration avec l’IHECS

    Quand: Le mardi 1 décembre de 19h00 à 21h00
    Où : IHECS –  Rue de l’Étuve, 58-60 – 1000 Bruxelles (au VELGE, bâtiment de l’étuve, 2ème étage)

    Le cercle documentaire (DOC!) de l’IHECS et l’ONG Echos Communication vous proposent une soirée projection/débat sur les enjeux du métissage le mardi 1 décembre de 19h à 21h à l’Ihecs ! (au VELGE, bâtiment de l’étuve, 2ème étage).

    Je suis d’ici et d’ailleurs, une histoire à plusieurs voix entre Bruxelles et Oujda est un film documentaire initié par l’ONG Echos Communication. La réalisation du documentaire se partage entre le Maroc et la Belgique. Nous suivrons 18 personnes à travers leur parcours migratoire. Au cours de 6 jours d’atelier d’expression, les participants chercheront à trouver les mots pour raconter leur histoire…

    Après la projection, nous vous proposons un débat sur les enjeux du métissage : comment dépasser le repli sur soi ou le renoncement à soi pour se créer une identité métisse qui combine l’apport de deux mondes ? Comment dépasser le choc culturel ?

    Le débat se fera en présence de

    Pierre Biélande : Coordinateur chez Echos Communication des projets EVE et TaPAJE. Il a été journaliste, rédacteur en chef et créateur de revue. Il se forme depuis plusieurs années à la psychologie cognitive, à l’approche neurocomportementale, à la psychologie sociale et au coaching. Il s’est spécialisé dans l’évolution des comportements et des organisations (bio-systémiques). Modérateur de débat, conférencier et formateur, il travaille depuis cinq ans sur la déconstruction des préjugés dans les écoles, les Hautes écoles ou les Universités.

    Mustapha Chairi : un des acteurs présent dans le documentaire, Mustapha Chairi est né au Maroc. Marié et père de 6 enfants il est aujourd’hui militant politique dans le parti Ecolo depuis 2010. Il viendra partager son expérience et animer le débat de par ses expériences.

    Rachida el Idrissi : née à Casablanca, elle est arrivée en Belgique dans les années 1970. Elle est assistante sociale depuis plus de 35 ans et travaille en tant que chargée de projets pour le groupe Seniors Sans Frontières à l’asbl AOPSG.

    Des sandwichs et boissons seront disponibles à prix modique.

    En savoir +

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ilssontfouscesgens.be est une campagne de sensibilisation initiée par l’ONG Echos Communication.
Pour plus d’information, vous pouvez contacter celine@echoscommunication.org.